Article : Les effets (possitifs et négatifs) du digital sur le réchauffement climatique

Les effets (possitifs et négatifs) du digital sur le réchauffement climatique

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Ces dernières années, le monde a connu une très forte digitalisation dans tous les domaines. Avec internet, on peut désormais atteindre l’autre bout de la planète sans avoir à sortir de chez soi. Le numérique a bien évidemment de nombreux avantages, mais vous êtes-vous déjà demandé quel est son impact sur l’environnement ? On a beau parler d’écologie et de la réduction des gaz à effet de serre, ne laisse-t-on pas de côté un acteur silencieux qui cause de dégâts non négligeables ? Voyons d’un peu plus près s’il y a un lien entre le digital et le réchauffement climatique ; et notamment les avantages et inconvénients d’internet.

Internet vient en aide au bien-être de notre planète

La digitalisation a fait les preuves de son utilité partout dans le monde et elle contribue bien au développement de nombreux pays. D’une façon ou d’une autre, le digital vient en aide au bien-être de notre planète en nous ouvrant des fenêtres sur le monde extérieur. Grâce au web, il n’y a presque plus de frontières et la diffusion des informations est réellement plus facile.

 

Internet : le meilleur support pour une communication virale

Avec internet, nous avons de plus en plus de facilité à voir et savoir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Le partage des informations est bien souvent instantané. De plus, les réseaux sociaux favorisent leur diffusion virale. Et ce n’est pas étonnant. En 2019, 3,2 milliards de personnes utilisaient les réseaux sociaux. C’est environ 42% de la population mondiale. Et cette statistique est en croissance continue.

Grâce aux réseaux comme Facebook, YouTube, Instagram ou Twitter, des vidéos et images poignantes peuvent maintenant être instantanément partagées. Les diffusions en direct ne se font plus seulement à la télévision. Les événements heureux et malheureux sont rapidement relayés, et cela a souvent du bon pour éveiller les consciences.

La situation de l’Australie qui a subi des feux de brousse ravageurs sur plusieurs mois entre fin 2019 et début 2020 en est une preuve. Sans internet, peu de personnes auraient pu constater les dégats. Peu de personnes auraient pu voir de l’extérieur l’importance de ces incendies et la détresse aussi bien humaine qu’animale. Une prise de conscience collective a été suscitée par des images poignantes diffusées sur le web. En dehors des aides des Etats, à travers des tweets et des messages partout sur les réseaux sociaux, le peuple australien a pu obtenir un soutien moral et financier.

internet au service de la nature

 

Les pétitions en ligne sont plus faciles à diffuser

Un autre domaine dans lequel le progrès digital apporte une avancée intéressante est celui des actions collectives (comme les pétitions). Avant l’avènement d’internet, les pétitions devaient circuler de main à main et la probabilité de récolter un nombre très important de signatures était réduite.

Aujourd’hui, les pétitions peuvent circuler directement en ligne par des liens qui s’ouvrent sur tous les supports numériques. Parapher un formulaire sur internet, ça ne prend que quelques secondes. Cela permet d’atteindre le maximum de personnes à l’intérieur d’un pays, mais également en dehors des frontières nationales. Cette possibilité de maximiser les signatures aide à changer les opinions et certaines lois sur les conditions humaines.

Par exemple, pour l’interdiction du Roundup, une pétition de l’ONG Avaaz a pu récolter plus de deux millions de signatures en janvier 2016. Et en février de la même année, plus d’un demi-million de signatures ont été enregistrées sur la pétition « Loi travail : Non merci ! » en moins d’une semaine.

 

L’appel au don est facilité

Le secteur de la générosité a également bénéficié des progrès du digital de manière indéniable. En 2016 par exemple, environ 22% des moins de 35 ans ont utilisé internet pour faire des dons à divers organismes. Et les dons en ligne constituent 7,2% des dons annuels recueillis par les associations et fondations de diverses sortes.

Le digital facilite l’appel au don. Des sites d’appel au don ainsi que les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour faire une propagande efficace autour d’une cause. Une publicité à la télévision ou encore à la radio atteint rarement la même efficacité. Pour se soigner d’une maladie grave, pour sauver un proche, ou défendre une cause écologique on peut récolter en un temps record des milliers d’euros.

De plus, grâce au web, les donateurs ont plus de facilité à faire des dons uniques ou réguliers. Ils peuvent utiliser une carte de crédit, ou des débits directs de leur banque en ligne, depuis n’importe quel pays.

C’est un fait, internet et le digital en général sont avantageux pour la planète. Mais, cela ne les empêche pas également d’être nocifs. Par exemple, la contribution du digital au réchauffement climatique est loin d’être négligeable.

 

Internet contribue au réchauffement climatique

On évite bien souvent d’en parler, mais cela est aujourd’hui une réalité qu’internet contribue au réchauffement climatique. On pourrait se demander comment. Mais la réponse est pourtant sous nos yeux.

 

Internet pollue la planète

Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais chaque action sur internet laisse une empreinte carbone. L’envoi d’une image, d’une vidéo ou encore d’un simple mail contribue bel et bien à la production de gaz à effet de serre. Par exemple, selon Cleanfox (solution de nettoyage de boite email), une newsletter peut induire jusqu’à 10 g de CO2 émis par an. Cela équivaut à l’empreinte carbone d’un sac plastique et n’est pas si négligeable que ça, lorsqu’on se souvient des myriades de mails échangés chaque jour.

De plus, internet, c’est également le stockage des données sur le cloud. Cette utilisation permanente de serveurs pour faire fonctionner les sites web. C’est en partie pour cela que le secteur du numérique consomme à lui seul environ 10% de la production électrique mondiale (un data center consomme autant d’électricité que 30 000 européens).

 

La pollution du stockage de données

Les centres de données gigantesques nécessaires contribuent donc à l’émission au quotidien d’une énorme quantité de CO2. De plus, les “data centers” produisent de la chaleur et pourraient augmenter le réchauffement des milieux où ils sont installés. Exemple en vidéo :

 

Les GAFAM ne sont pas des exemples à suivre

Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft : chacune de ces sociétés fait chaque année des dizaines voire des centaines de milliards de dollars de chiffres d’affaires. Leaders économiques du numérique, on pourrait attendre d’elles d’être à l’avant-garde des efforts pour un internet plus vert. Mais, les Big Five sont bien souvent loin d’être des saints et des exemples à suivre.

 

La surconsommation du numérique

Par exemple, elles encouragent la surconsommation du digital. De nouveaux smartphones, de nouveaux ordinateurs, de nouveaux appareils sont créés chaque année, voire même chaque semestre par les mêmes marques, alors que ceux de la collection précédente sont à peine mis sur le marché. La gamification des stratégies de publicité, ainsi que celle des logiciels, sans oublier l’obsolescence programmée, rendent également plus addicts les utilisateurs et augmentent l’empreinte carbone individuelle.

Enfin, pour faire tourner leurs puissants écosystèmes informatiques, les GAFAM, même si elles investissent dans les énergies renouvelables, sont également obligées d’utiliser les énergies polluantes.

 

Exploitation excessive des matières premières

Les appareils numériques sont incontournables dans notre monde digital. Mais, de nombreuses matières premières sont aujourd’hui surexploitées pour les concevoir. Selon les chiffres de l’année 2019, le numérique mondial consomme 5 fois plus de ressources que tous les voitures et véhicules français. Les minerais d’or, de tantale, d’étain et de tungstène sont de plus en plus épuisés partout dans le monde. Les vides laissés sont comblés par de nombreux glissements de terrain qui sont parfois mortels pour les populations environnantes.

 

Les grands media sont à côté de la plaque

Les media ne parlent pas suffisamment du réchauffement climatique. Ce sujet est principalement couvert par des sites spécialisés. Les équipes dédiées à cette thématique sont généralement restreintes et le sujet ne trouve sa place dans les pages et actus des magazines que si une découverte est faite. Et lorsque c’est le cas, l’aspect spectaculaire est mis en avant au détriment des causes et des solutions à mettre en œuvre.

 

Y a-t-il des solutions de substitution ?

On voudrait répondre par l’affirmatif à cette interrogation. Mais, objectivement, il n’existe pas réellement des solutions de substitution viables à l’heure qu’il est. Ce que l’on peut faire c’est :

 

  • Vulgariser les informations sur les inconvénients d’une digitalisation sans une approche écoresponsable ;
  • Mettre en place dans les médias web une vraie ligne éditoriale pour la sensibilisation du public ;
  • Mieux participer à l’échelle individuelle à une utilisation écoresponsable d’internet.

Que retenir au final ? La digitalisation est inévitable et avantageuse : c’est indéniable. Mais, sa participation au réchauffement climatique n’est pas négligeable et il est important d’en tenir compte dans notre utilisation professionnelle ou privée d’internet. Comment alors combiner l’utilisation d’internet, et du digital en général, à la protection de l’environnement et de la planète ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

Rédigé par Alex Defontenay linkedin auteur




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